Conférence dans le cadre de la présidence allemande au Conseil de l’UE
« Industries culturelles et créatives en Europe – une politique cohérente dans un monde globalisé »
Du 3 au 4 mai 2007, 400 participants de 27 pays membres de l’UE discutèrent à Berlin du potentiel des industries culturelles et créatives européennes, des chances et des défis à relever. Politiques, manageurs culturels et professionnels de la culture étaient présents. Les expériences de ministres européens et la situation des différents secteurs spécifiques (film, littérature, musique, presse écrite, télévision, design, architecture etc.) constituaient les bases à partir desquelles étaient développés des concepts et instruments pour une politique cohérente aux niveaux européen, national et local et la mise en place de conditions cadre plus favorables à l’économie créative.
Résultats du panel „Industrie de la mode“
a.) Les PME de l’industrie de la mode ne sont pas objet du rapport européen « The Economy of Culture in Europe ». La Commission devrait entreprendre une étude particulière des PME de la mode, notamment si l’intérêt est de conserver le potentiel d’effet spill-over.
b.) La mode doit être considérée et communiquée comme un bien culturel (non seulement comme un bien de luxe), notamment par l’Union européenne à l’extérieur de l’Europe.
c.) La politique industrielle européenne devrait encourager la création de clusters nationaux pour les PME du secteur de la mode et ainsi inciter à plus d’innovation dans la production de petites séries et collections. Ces clusters relieraient innovation et production et représenteraient une alternative aux sites de production en Europe de l’Est.
d.) La politique européenne des médias devrait promouvoir la mode en tant que branche économique et facteur de créativité – et donc aller au-delà du facteur de divertissement que représente le secteur.
e.) Malgré son potentiel économique la mode en tant que branche sectorielle des industries créatives est toujours largement ignorée par la politique. Cela est dû à un manque de connaissances et de compréhension de ce domaine dans l’administration et la politique. Il est par conséquent nécessaire de renforcer le transfert de connaissances vers l’administration publique.
f.) Le secteur de la mode est marqué par l’individualisme. Il est important de mettre en réseau les établissements de formation entre eux et avec les établissements culturels en Europe pour soutenir l’industrie de la mode et renforcer sa présence à l’extérieur. Un exemple pour cela est le concours organisé en fin d’année par le Goethe Institut pour relier les écoles de mode du monde entier.
g.) Le secteur de la mode devient de plus en plus conscient de l’environnement et de la nécessité de le protéger. Nombreux sont les designers, parmi eux certains de grande renommée, qui travaillent avec du coton écologique. Cette mode dont les matériaux et le mode de production sont écologiques constitue un nouveau marché qui pourrait profiter aux sites de production européens et qu’il s’agit de soutenir.
h.) En Allemagne les capacités d’enseignement et de recherche dans le secteur de la mode sont limitées. On ne peut pas faire de doctorat en mode par exemple. Ce manque est en contradiction complète avec l’attente générale d’innovations dans la mode et avec la revendication de la mode comme une industrie pionnière. Ce n’est qu’en 2003 par exemple que fut créé en Allemagne la première « Gesellschaft zur Designtheorie und –forschung » [société de la théorie et de la recherche en design].