Dans les pays d’Afrique le piratage abusif de musique et de vidéo est déploré depuis de nombreuses années. Le secteur formel est faible, l’économie parallèle informelle prospère, et les artistes manquent du soutien d’associations et d’institutions pour défendre efficacement leurs droits et intérêts. Tout cela fait que souvent les artistes africains ne bénéficient pas justement des fruits de leur travail.
La lutte contre les copies illégales de CD et DVD sur les marchés africains et les marchés noirs de la diaspora africaine n’en est plus à ses débuts. Mais voilà qu’une nouvelle dimension s’y ajoute.
Il y a quelque temps Kasongo wa Kandema, chanteur d’Orchestra Super Mazembe, un groupe très populaire en Afrique de l’Est dans les années 70, reçut un coup de fil d’une amie chanteuse du Kenya vivant aux Etats-Unis. Elle voulait le féliciter que certains des titres du groupe figuraient sur la bande son du film "Phat Girlz" et fut surprise de voir qu’il n’en savait rien. Aujourd’hui le groupe lutte pour le versement de tantièmes et de dommages et intérêts, mais les négociations sont toujours en cours.
Un autre cas similaire concerne la musique du film « Le dernier roi d’Ecosse » qui retrace la vie du chef d’état ougandais Idi Amin. La bande son inclut un vieux tube des années 70, Jingo Fever d’Ismael Jingo, artiste aujourd’hui décédé.
La situation est compliquée davantage par le fait que de nombreux artistes kényans ont vendu l’ensemble de leurs droits pour une somme forfaitaire, et ne sont donc pas en position de revendiquer concernant l’exploitation de leurs droits.
Un autre exemple d’Afrique de l’Est est celui de la chanson Malaika, composée par Fadhili Williams. Le morceau est si connu qu’il est communément pris pour une chanson populaire. Williams sortit vainqueur de son combat pour ses tantièmes, après avoir émigré aux Etats-Unis et travaillé en tant que pompiste tandis qu’il défendait ses droits.
Source: The East African Magazine, Mars 24-30, 2008
[Traduction de l’anglais: Catherine Daraspe]