Conférence dans le cadre de la présidence allemande au Conseil de l’UE
« Industries culturelles et créatives en Europe – une politique cohérente dans un monde globalisé »
Du 3 au 4 mai 2007, 400 participants de 27 pays membres de l’UE discutèrent à Berlin du potentiel des industries culturelles et créatives européennes, des chances et des défis à relever. Politiques, manageurs culturels et professionnels de la culture étaient présents. Les expériences de ministres européens et la situation des différents secteurs spécifiques (film, littérature, musique, presse écrite, télévision, design, architecture etc.) constituaient les bases à partir desquelles étaient développés des concepts et instruments pour une politique cohérente aux niveaux européen, national et local et la mise en place de conditions cadre plus favorables à l’économie créative.
Résultats du panel « Financement »
Dans le secteur des industries créatives le nombre d’entrepreneurs indépendants et de micro-entreprises ne cesse d’augmenter, notamment à Berlin. Cependant le financement de ces entreprises s’avère être difficile. Souvent les entrepreneurs du secteur créatif ne connaissent pas les programmes de soutien existants et ne disposent pas de capital propre suffisant pour monter leurs affaires. Ce n’est que très rarement qu’ils se voient accorder des crédits par des établissements financiers, le volume de financement étant trop insignifiant pour être profitable aux bailleurs de fonds. De plus les entreprises créatives reposent sur des idées, des processus créatifs estimés trop précaires pour y investir. Il est par conséquent nécessaire de mettre en place des acteurs qui serviraient d’intermédiaires entre banques, administrations et entreprises et initieraient des réseaux. Comment pallier au manque d’instruments financiers adaptés aux micro-firmes créatives ? L’objectif du panel était de présenter et discuter différents modèles et méthodes de financement pour jeunes entrepreneurs créatifs.
a.) Modèle de financement suédois
Le « Nätverket för Upplevelseindustrin » en Suède accompagne et soutient de petites entreprises dans les domaines du design, de la musique, de la mode, du film, des jeux vidéo, des nouveaux médias, de la gastronomie et du tourisme. Il les met notamment en relation avec des bailleurs de fonds potentiels. Pour le manageur de projet Anders Sjöstedt, les crédits encourageraient davantage la responsabilisation et l’assurance de soi que les investissements. Les experts du réseau encadrent les jeunes entrepreneurs, développent leurs compétences personnelles et professionnelles, notamment en matière de création et gestion d’entreprises, et les conseillent dans leur orientation client.
b.) Modèle de financement berlinois
L’initiative « Projekt Zukunft » [« Projet Avenir »] du Land Berlin met en réseau les industries des médias, des NTIC et de la culture avec les secteurs scientifique, politique et administratif. Par l’intermédiaire de projets, de partenariats publics-privés, de manifestations, de campagnes d’information et de publications elle encourage les innovations dans le domaine culturel. Pour Mme Walther il est important d’élaborer des instruments nouveaux, qui ne reposeraient pas sur les fonds publics, pour soutenir, développer et relier entre elles les micro-entreprises créatives. Ainsi sont prévus la mise en place d’instruments de financement qui allieraient capital-risque et capital privé ainsi qu’une simplification des procédures de demandes de financement.
c.) Modèle de financement « microcrédits »
Le « Deutsches Mikrofinanz Institut » [Institut allemand de micro-finance] soutient, de manière rapide et simple, les petits entrepreneurs avec des crédits allant jusqu’à 10.000 euros. Il examine les demandeurs, puis les recommande aux bailleurs de fonds, réduisant ainsi le risque que prennent ces derniers. Après l’octroi du crédit l’institut accompagne la création d’entreprise, garantissant ainsi le remboursement du financement. Si la coopération est satisfaisante, la demande de crédit peut être renouvelée, avec un plafond situé à 15.000 euros cette fois-ci. L’institut travaille avec le Fonds Social Européen, les fonds économiques, les ministères ainsi que la banque GLS, le groupe bancaire KIW et des bailleurs de fonds privés.
d.) Modèle de financement « fonds de capitaux »
L’ « Art Estate Fund » de Hambourg quant à lui désire stimuler l’intérêt artistique d’acheteurs potentiels et soutenir ainsi le travail des galeristes. Il permet à des personnes désireuses d’investir dans l’art mais qui ne sont pas en mesure d’acheter des œuvres entières d’acquérir des parts d’œuvres. Ainsi les investisseurs participent-ils à l’achat de 25 œuvres d’artistes de renommée internationale comme Gerhard Richter, Georg Baselitz ou Andy Warhol, leur part d’achat étant relativement peu élevée mais leur part de bénéfice après revente plutôt importante.
En conclusion tous les participants du panel s’accordaient pour souligner la nécessité de débureaucratiser les procédures de demandes de financement, de réduire les frais liés à l’octroi de crédits et de parallèlement développer les fonds privés pour soutenir les micro-entreprises dans le secteur créatif.